Musée RODIN
Ce fut une découverte. D’habitude, le temps était relativement court pour pouvoir circuler dans Paris : Réunions, réunions
C’était un choix bien entendu. Le Musée est installé dans l’hôtel Biron, une maison construite en 1728. Il y fait calme, et le public ne se bouscule pas.
Dans une première salle, nous sommes confrontés aux œuvres que Rodin a réalisées lors de son passage à Bruxelles: divers portraits de bourgeois, dont celui de Alexandre Van Beckelaer, de l’artiste Paul de Vigne.
Dans la grande salle, nous sommes confrontés à l’Age d’Airain, première grande étude d’un modèle vivant: manifestement Rodin est influencé par Michel-Ange. Emerveillement.
Mais le coup de foudre provient d’œuvres plus petites : La Pensée, l’Aurore, La France, La Valse, Portrait de Jeanne enfant, les Bavarde.
Mais ce n’est pas Rodin. Il s’agit d’œuvres réalisées par Camille Claudel.
Une petite notice retrace brièvement l’œuvre de cette artiste. Ma Curiosité est piquée.
Je ramène une photo d’une sculpture de Camille.
Il faut attendre 1982, la parution du livre Anne Delbée « Une femme », pour mettre un visage sur et comprendre l’histoire de Camille. J’ai cherché dans les diverses biographies de Paul Claudel, mais rien n’apparaissait au sujet de la sœur.
La maison HORTA.
Rue Washington, et plus loin la rue Américaine: j’ai eu l’occasion de passer souvent devant la maison Horta, sans entrer. Que cache-t-elle ?
Dès l’entrée, c’est l’éblouissement: la lumière qui vous tombe dessus, l’escalier monumental, mais à dimension humaine: air et lumière, ce sont les deux mots- clés qui peuvent caractériser l’architecture de cette maison, avec le fer
en prime. Le fer permet de libérer l’espace intérieur, de créer des espaces fluides et palpitants. Le verre, lui laisse pénétrer la lumière à flots.
Horta rompt avec la tradition de la maison bourgeoise à «bel étage» des trois pièces en enfilade, généralement fort sombre. Je n’ai pas envie de partir.
Chacun peut vivre et penser comme il veut, pourvu qu’il ne perturbe en rien l’inertie ambiante. Chacun peut et être original, mais personne ne peut se réaliser vraiment. Tout ce qu’on peut désirer est disponible sur le marché : le pain, les jeux, le cul, l’aventure, et même la critique, réaliste, transcendante de l’enfer moderne. Tout, sauf la vérité.
Delvaux
Depuis un moment le tableau de Delvaux m’interroge : la nuit, une rue éclairée par le clair de lune, trois filles nues qui courent, qui passent sans me regarder. A moins qu’elles ne m’aient vu. Possible, je suis si secret. Mais, peut être que celle, au loin qui arrive, encore minuscule sera-t-elle appréhendée par ma problématique. A moins qu’elle non plus ne fuie. En fait, les filles nues ne courent pas, elles passent, légères comme le désir.
Quiétude, mettre nos corps lacérés au repos. Dans mes amitiés, j’ai souvent été déçu, non par l’autre, mais de la difficulté que nous faisait la vie, les choix parfois précaires, les illusions véhiculées.
