En France, depuis 1899, existe l’École des Roches inspirée des méthodes actives et créée par Edmond Demolins (1852-1907) à Verneuil-sur-Avre, mais l’école de Beauvallon, créée en 1929, à Dieulefit, est la première école nouvelle et mixte en France. Elle est fondée par Marguerite Soubeyran, Catherine Krafft. Les directrices, sont rejointes par Simone Monnier en 1936, ont toutes les trois des origines protestantes2. Cette École de Beauvallon, qui accueille des enfants « blessés de la vie »2 et restent en prise directe avec les grands courants pédagogiques de l’éducation nouvelle. Jean Piaget et Édouard Claparède leur apportent des conseils.
Catherine Krafft en sera le pilier en ce qui concerne l’intendance, la gestion des comptes et l’organisation matérielle de la maison. En 1969, elle est reconnue Juste parmi les nations pour avoir protégé des enfants juifs lors de la Seconde Guerre mondiale. A la fin des années 1930, des réfugiés espagnols, puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, des juifs, enfants ou adultes, des résistants, des communistes allemands y trouvent asile[2]. L’établissement est aidé discrètement par la secrétaire de mairie, Jeanne Barnier, qui met en circulation, lorsque ceci s’avère nécessaire, de faux papiers d’identité. La brigade de gendarmerie et le sous-préfet de Nyons apportent également leur concours. Le lieu bénéficie du silence de la population de Dieulefit. Plusieurs personnalités, comme Pierre Emmanuel, Emmanuel Mounier, Pierre Seghers, Louis Aragon, Yvonne Lefébure s’y réfugient et y enseignent[. Après la rafle d’Izieu le 6 août 1944, les adolescents juifs réfugiés dans cet établissement dorment la nuit dans des grottes proches, par prudence. Avant de revenir à l’école au petit matin, ils doivent s’assurer qu’une couverture rouge n’est pas disposée sur la terrasse en signe de danger.
Après la guerre
Après la guerre, dans la deuxième partie du XXe siècle et au XXIe siècle, l’établissement perpétue son rôle pédagogique et pionnier. Coline Serreau, par exemple, y passe pendant sa petite enfance. C’est dans cette structure qu’Élisabeth Bing invente en France, en 1969, les ateliers d’écriture pour les enfants en grande difficulté, expérience qu’elle relate en 1976 dans son livre « Et je nageai jusqu’à la Page ».
L’École de Beauvallon accueille environ 70 enfants.
