« Si on en consomme trop, il fait voir des démons. Si on en consomme sur une longue période, il vous permet de communiquer avec les esprits et d’alléger le corps ». Telle était l’opinion des Chinois sur le cannabis, deux mille ans avant JC, sous la dynastie de l’empereur Shen Nong.
Au XVème siècle avant JC, un prêtre taoïste signale que « le cannabis mélangé à du gingembre est employé par les nécromanciens pour avancer le temps et révéler les événements du futur » .
Vers 500 av JC, Hérodote décrit avec détails à l’appui le bain des Scythes, ce peuple de cavaliers répandu d’est en ouest à travers la Transcaucasie : « Ils font une sorte de tente en plantant trois bâtons dans le sol, sur lequel ils étalent des peaux de mouton de façon à faire une couverture presque hermétique. A l ‘intérieur, ils posent par terre un plat contenant des pierres rougies au feu, sur lesquelles ils jettent quelques graines de chanvre… »
Pour l’Inde ancienne, le h. est don des Dieux, breuvage préféré de Shiva, il est censé guérir tout et n’importe quoi. Les Perses connaissent aussi le h.
Ce n’est qu’au XIXème siècle que l’Europe succombe au h. Ce sont tout d’abord des médecins anglais, de retour des colonies, qui célèbrent ses multiples vertus.
« Ha! Si je bois, c’est pour me soûler, non pour boire » Verlaine, qui cuve son absinthe au fond des cafés. Au lieu de se tirer une balle dans la tête, il se suicide à petit feu.
La liste des écrivains drogués est riche: Thomas de Quincey, Guy de Maupassant, Baudelaire, Théophile Gautier.
Certains vont vers la drogue par curiosité: William S Burroughs.
Les DROGUES se popularisent…
L’action de la drogue est ambivalente, elle n’agit pas moins sur l’action que sur la contemplation, sur la volonté que sur le regard pur.
On peut se demander s’il faut mettre le vin au nombre des drogues, en effet, son pouvoir originel a peut-être été domestiqué durant des millénaires de plaisir : je parle du vin, bien sûr.
Pour Baudelaire, le vin ouvre les portes des Paradis Artificiels, au même titre que le haschisch et l’opium. Mais, je crois que le vin n’est pas une drogue. Je préfère voir des vignerons et des tonneliers s’occuper du vin plutôt que des chimistes : depuis les soins donnés au cep jusqu’au moment où la grappe ressuscite du cellier, le souci et l’art de jardiniers et d’artisans se consacrent à lui, il passe toujours pour un don divin, pourvu de merveilleuses vertus de métamorphose. Ce qui n’est pas le cas pour la drogue.
