La pédagogie de Decroly préconise « l’initiative et la responsabilité personnelle et collective ; le respect de la personne dans la singularité, la solidarité, la valorisation des rapports sociaux, la tolérance, le respect de la différence, la priorité donnée à l’épanouissement personnel, à la créativité et au plaisir. »
Cependant, cette pédagogie qui donne une vision inconditionnellement positive de l’enfant, « n’évoque jamais la violence, la peur, la tristesse, le désarroi, les conflits. Les valeurs de bien et de beau sont très prégnantes et l’enseignant est celui qui choisit les bonnes lectures par exemple. » Il ne tient pas compte non plus « de la dimension socio économique, ni culturelle ou politique dans sa démarche. »
Aucune critique jamais n’est adressée au régime social comme si l’individu devait se contenter et se débrouiller des conditions imposées par l’existence. Dans ce sens l’individu évolue dans un certain déterminisme social.
« J’affirme que l’école populaire a une influence nuisible, une action antisociale incontestable ; non seulement elle ne nous prépare pas à la vie, mais elle fait de beaucoup de nous des épaves de la vie, des déclassés, ou du moins elle ne fait rien pour nous éviter de le devenir – ce qui est tout comme. Pourtant, l’école pourrait être le moyen le plus puissant peut-être d’assurer la prophylaxie de la paresse, de la misère et du crime […], non pas comme elle est organisée actuellement, puisqu’elle-même est, en grande partie, cause directe ou indirecte de ces maux, mais comme elle devrait être organisée, comme elle l’est déjà dans certains endroits heureux où l’on a compris ce qu’elle fait de mal et ce qu’elle peut faire de bien ».
« Introduire des innovations dans les programmes d’éducation et d’enseignement, ce n’est pas une paille ! Le mécanisme lentement élaboré par les siècles est complexe et peu susceptible de réfections importantes ; aussi, la plupart de ceux qui y vivent et en vivent trouvent-ils qu’il vaut mieux ne pas y toucher. Ils ne s’y trouvent d’ailleurs pas mal et n’en constatent pas les lézardes »
