Ces derniers temps, on a vu apparaître des slogans dénonçant l’atteinte aux « libertés individuelles » et des critiques contre les mesures sanitaires prises pour endiguer la propagation de la pandémie.
On peut comprendre de telles réactions si l’on prend en considération que l’individu de la civilisation libérale cherche avant tout à optimiser son bien-être, à « maximiser son utilité » comme le formule le libéralisme. Après avoir façonné un individu nécessairement orienté vers lui-même et fondamentalement égoïste – l’égoïsme individuel étant supposé entraîner la cohésion sociale, comme nous le rappelle via la médiation du marché. Voilà maintenant que cet individu s’est vu sommé de se contraindre et de réduire ses « libertés » individuelles, sa vie sociale, culturelle, bref, de faire un effort pour des personnes souvent autres que lui. Alors qu’on lui a toujours indiqué qu’il fallait rechercher la performance et l’efficacité.
Manifestement, il ne s’agit pas de la liberté solidaire telle que le prolétariat peut la concevoir, cette solidarité n’est pas un sentiment, mais un acte concret, qui posé ouvre de nouvelles perspectives, de nouveaux rapports humains. La bourgeoisie, elle, est la classe de l’intérêt, de l’égoïsme, même si elle peut faire preuve quelque fois de charité. Et ainsi, elle peut parler d’une liberté égoïste, développant comme seule perspective le droit à s’assoir aux terrasses pour boire son petit café.
