SCIENCE EN HISTOIRE

Y a-t-il une perspective au développement de notre humanité.  Sans vouloir répondre de manière intrinsèque, il me paraît évident que l’évolution de l’homme est le produit d’un long processus, mis en évidence par les lois de la génétique et théorisé par Darwin.  Nous sommes en présence d’un enrichissement intellectuel lié plus que probablement au développement des capacités de notre cerveau, confronté aux nécessités de répondre de manière adéquate aux impératifs de la survie.  Ainsi, poussé par le besoin de survivre, l’homme se dote d’outils tout en s’interrogeant sur le sens de cette survie possible.

Heureusement, l’aventure humaine ne se laisse pas réduire à une série de facteurs physiques, voire à la seule interprétation économisiste de la nature humaine. Vision dualiste du monde, qui se doit d’être dépassée par une théorisation dialectisée.  Et comme le rappelle JH PIRENNE[1], «La société humaine a vécu, jusqu’à présent, dans une succession de cycles d’évolution économique, sociale, dans lesquels les périodes de régression profondes alternent avec les époques de progrès les plus accentués».  Mais, Pirenne ne conçoit le progrès qu’en terme culturel. 

La science permet d’expliquer et de comprendre le fonctionnement de la nature, du monde d’abord, englobant petit à petit les relations créées par la vie de l’homme lui-même. 

Ceci pose la question d’un possible développement, impliquant un retour à l’énonciation d’un savoir générique, d’un discours scientifique différent. 

L’antiquité

Un fait dominant a été l’opposition, consacrée par Aristote, entre une philosophie de la nature (il la distingue des vues plus élevées qu’il dénomme métaphysique) qui entend atteindre la réalité des choses, mais qui est surtout qualitative, et la connaissance fondée sur les mathématiques.  Opposition dans l’Antiquité grecque, à partir du IV e  siècle av. J.-C., entre le continu d’Aristote et l’atomisme de Démocrite

On peut ainsi mettre en évidence historiquement, les avatars de la recherche scientifique, afin de savoir,  confrontée au contrôle politique du religieux.  Pythagore, Héraclite, Anaximandre, l’école d’Alexandrie vont donner naissance à divers instruments de mesure ou de mécanique, tentent de libérer la science de l’influence religieuse.

On peut ainsi mettre en évidence historiquement, les avatars de la recherche scientifique confrontée au contrôle politique du religieux.  Pythagore, Héraclite, Anaximandre, l’école d’Alexandrie vont donner naissance à divers instruments de mesure ou de mécanique, tentent de libérer la science de l’influence religieuse.

Mais il fallait aussi passer par le mythe du fameux « Livre des secrets[2] ».  Ce Livre des secretsdonnait la connaissance des liens entre les dieux, les astres et les hommes. Il leur dévoilait ce qui pouvait les unir aux plantes, aux ani­maux, aux minéraux, et comment avoir prise sur ce monde et sur ce qui le composait.

Le Moyen-âge

Au début du XIII e  siècle, la science commence à occuper une place notable dans le monde chrétien, essentiellement en Angleterre, en France et en Italie. Mais il s’agira surtout d’une prise de connaissance de la science grecque, avant tout grâce à des traductions.

De plus, l’accueil d’Aristote par la pensée chrétienne – moyennant quelques aménagements cependant – conduira, en dépit de certaines oppositions, surtout au XVI e  siècle, à un système de savoirs où la science aura sa place, mais subordonnée à la théologie, la reine des «sciences», et où dominera une conception du monde dont la Terre immobile est le centre.
Dans la pensée mythique, la relation entre l’homme, le sujet et le monde, l’objet, est à base de participation. 

Dans la pensée ontologique, une distance est créée, la recherche de compréhension des causes du monde s’ébauche.

Ce n’est qu’à partir du IV e  siècle que l’on rencontrera une attitude générale plus positive à l’égard de la science, principalement chez les Pères de l’Eglise. Cependant, la contribution chrétienne au progrès scientifique est pratiquement nulle, à l’exception de quelques aspects des mathématiques; cette ouverture ne se traduit que par des commentaires des œuvres grecques – beaucoup plus celles d’Aristote, fort peu scientifiques d’ailleurs, que celles des grands créateurs comme Archimède et Ptolémée; toutefois, Euclide est connu assez tôt.

La Modernité

Les relations entre science et christianisme sont alors beaucoup plus conflictuelles, revêtant plusieurs aspects qu’il convient de bien distinguer. Néanmoins, l’apport de l’Église à la science reste important, que ce soit par l’entremise de laïcs ou de prêtres, de religieux, parmi lesquels des évêques: au XVII e  siècle, le Père Mersenne est le correspondant de l’Europe savante, Sténon, qui fut archevêque, fonde la géologie, Grégoire de Saint-Vincent est un des initiateurs du calcul différentiel et intégral; au XVIIIème siècle, outre de nombreux laïcs, se signalent l’abbé Nollet et le Père Boscovich.

Pourtant au quinzième siècle, l’Église catholique avait supplicié Jean Huss, Savonarole et Gérôme de Prague; au seizième, Étienne Dolet et Vanini; au dix-septième, Giordano Bruno; au dix-huitième, le chevalier de la Barre.  Mais depuis deux siècles, l’Europe intellectuelle et civilisée avait cru close à jamais l’ère des bûchers et des supplices pour crime de pensée.

Les principaux conflits sont le plus souvent nés de désaccords avec la Bible, particulièrement avec la Genèse, longtemps considérée par l’enseignement théologique comme contenant le savoir sur la nature.

L’affaire Copernic-Galilée

Au XVII, une évolution apparaît avec l’essor de la science expérimentale, avec Galilée.

La science s’est développée, notamment à l’époque des Lumières, avec pour projet la diffusion généralisée des connaissances afin de faire reculer l’ignorance, la superstition et l’emprise de la religion sur la vie sociale. Si cet idéal de connaissance partagée peut parfois se vérifier, il ne faut pas oublier pour autant que la parole dite « scientifique » n’est jamais neutre et ne va pas toujours dans le sens d’un « progrès ». Depuis les origines de la biologie, des scientifiques de renom ont fait dire à peu près tout et n’importe quoi aux corps et aux gènes en fonction de leur idéologie politique et de ce qu’ils/elles cherchaient à prouver.

La science est autant un outil de savoir que le reflet de la société dans laquelle elle s’inscrit.

C’est la thèse audacieuse de Copernic, conçue dès le début du XVI e  siècle, mais formulée de façon développée et connue seulement en 1543 par l’ouvrage De revolutionibus orbium coelestium, qui fut à l’origine du conflit qui devait aboutir, en 1633, à la condamnation de Galilée.    L’exploit scientifique de Galilée, si décisif pour le développement de la science moderne dans son ensemble, fut intégralement lié à un travail pratique et théorique en balistique, de même qu’il fut lié organiquement au processus de formation des marchandises et à la réification des hommes (leur réduction à l’état de choses)

A la fin du XVII e  siècle encore, on voit Newton affirmer que si en dépit des lois de la mécanique le système solaire se dérègle quelque peu, Dieu intervient pour corriger cet écart. C’est surtout au cours du XVIII e  siècle qu’on assiste à une plus nette affirmation de l’autonomie de la science par rapport à de telles interventions de Dieu, dont le rôle, voire l’existence, est de plus en plus nié. Nombreux, cependant, demeurent les scientifiques qui croient en un Dieu créateur.

L’exploit scientifique de Galilée, si décisif pour le développement de la science moderne dans son ensemble, fut intégralement lié à un travail pratique et théorique en balistique, de même qu’il fut lié organiquement au processus de formation des marchandises et à la réification des hommes (leur réduction à l’état de choses).

Durant cette période, ce sont les principes fondamentaux établis par Descartes qui vont permettre de résoudre les problèmes que posent les sciences appliquée : 1. vérifier l’exactitude des données.  2. s’assurer qu’on n’a rien oublié.  3. diviser les difficultés autant qu’on le peut.  4. résoudre les difficultés une à une en commençant par la plus facile.

Toutefois, Buffon, inquiété par la Sorbonne pour son «laxisme» dans ce sens, est contraint de signer une rétractation, qui ne le fait pas changer d’avis et dont le non-respect ne lui vaut pas d’ennuis. Cependant, au début du XIX e  siècle, si autonome que soit devenue la science, Cuvier estime devoir tenir compte du Déluge biblique, et il déclare que Dieu a créé successivement les grandes catégories des espèces vivantes; pourtant, ses vues à cet égard ont une source surtout scientifique.  

Après Descartes, la pensée scientifique, au 17è siècle se faisait de plus en mathématique.  Ce ne fut plus l’essence des choses, le lien à Dieu, que la science rechercha, mais les lois qui régissent les phénomènes, tels qu’ils apparaissent sur le plan de l’observation objective.  La science, avec Robert Boyle, libérée de préoccupations philosophiques et religieuses se fit pragmatique.

On se trouve ainsi en présence d’un phénomène que l’on peut appeler la « retraite du mot ». 

L’effacement de la religion, de la morale, de l’éthique, du sacré, en bref de la transcendance comme valeur supra-humaine qui donne sens à la quête de l’unité de l’être à advenir, sont les thèses premières et les plus générales que l’on rencontre.  On voit ainsi apparaître la domination des interprétations fonctionnelles de la société et de l’Homme comme système autorégulés et unifiés quant à leur structure, corrélative aux thèses de la performativité et de la rationalité bureaucratique ou technocratique.  L’émergence de la pensée fonctionnaliste réduit l’individu à des conduites adaptatives visant le maintien ou le développement du système en soi.  Ceci signifie la fin de la pensée dialectique  et de la possibilité de dépassement amenant ou actant l’émancipation, voire la désaliénation.

Les sciences étaient réglées et ordonnées par le langage. 

Jusqu’au 18ème siècle, le contenu des sciences était descriptif.  Les sciences étaient réglées et ordonnées par le langage.  Mais au 18ème siècle, un changement s’opère, Après Newton et Leibniz, les mathématiques cessent d’être une notation dépendante du langage verbal.  Elles s’autonomisent et deviennent un autre langage, très riche, complexe, mais de plus en plus incommunicable.  Il devient de plus en plus difficile de traduire la grammaire mathématique dans un discours verbal.

Elles s’autonomisent et deviennent un autre langage, très riche, complexe, mais de plus en plus incommunicable.  Il devient de plus en plus difficile de traduire la grammaire mathématique dans un discours verbal.

Depuis, des domaines de plus en plus étendus de la connaissance ont été soumis aux mathématiques : astronomie, chimie, physique ont été transformées faisant en sorte que les règles de connaissance sont devenues de moins en moins réductibles au langage usuel.

Ainsi, l’abîme entre le langage des mots et celui des mathématiques se creuse constamment.  Aujourd’hui, la formule mathématique permet de cerner de manière plus précise le monde perceptible et elle est plus près de la vérité qu’une simple assertion verbale. Ce phénomène se poursuit en économie, où l’alphabet de l’économie moderne n’est plus seulement le mot, mais bien le graphique, le diagramme et le nombre.

Dans le domaine des sciences, les crises et les bouleversements sont nombreux et profonds, au point que la notion de déterminisme est questionnée : C’est en physique que le phénomène est le plus spectaculaire.  La théorie de la relativité bouleverse toutes les conceptions antérieures.  Grâce à elle, une vision totalisante des phénomènes est possible.  La théorie des quanta permit en revanche une étude plus particularisée.

La relativité, la mise en évidence du lien observateur / objet observé, l’ambivalence onde / corpuscule, l’utilisation des statistiques pour décrire les phénomènes, l’incomplétude en mathématiques avec Gödel, etc., aboutissent à un déterminisme complètement remanié.

Kurt Gödel a démontré que l’incomplétude était fondamentale pour le domaine mathématique. Il me semble que la philosophie doit tenir compte de cet apport.

Jean-Paul Delahaye résume l’enjeu de ces théorèmes ainsi :

« L’histoire des mathématiques et des théorèmes de Gödel montre que nous ne pourrons jamais être certains de la non-contradiction des théories que nous utilisons. Que nous soyons des machines ou pas ne change rien : les théories mathématiques comme les théories physiques ne proposent pas des certitudes, mais des instruments qui fonctionnent plus ou moins bien, plus ou moins longtemps et qu’il faut ajuster ou changer de temps en temps. Peut-être réussira-t-on un jour à démontrer que nous ne sommes pas des machines, mais cela ne se fera pas sans l’invocation des théorèmes d’incomplétude de Gödel ! »

Du point de vue des mathématiques il estime qu’il faut : « Vivre avec les contradictions. ».( )

Une autre présentation des théorèmes de Gödel expose l’enjeu du débat de cette façon :

« 1 / Il existe des formules dont on ne peut ni démontrer qu’elles sont vraies, ni qu’elles sont fausses ;

2 / On ne peut pas savoir a priori si une formule est démontrable. Pire, le deuxième point se prouve « en construisant une formule qui affirme qu’elle est elle-même non démontrable ».

C’est ce que M. Lascar [professeur de mathématiques et directeur de recherche au CNRS] compare au paradoxe d’Epiménide le Crétois qui prétendait que tous les crétois étaient des menteurs. À la différence qu’ici, ce n’est pas le langage humain, avec toutes ses nuances, ses interprétations qui est utilisé, mais le langage mathématique, autrement appelé logique. Ces résultats ont été démontrés par Gödel dans les années 30 et 50. On les appelle les théorèmes d’incomplétude de Gödel. Ils prouvent que toute théorie mathématique est soit incomplète, soit incohérente. Ils remettent en question des certitudes bien établies. Ainsi les maths ne forment pas un tout cohérent, il faut faire des choix (est-ce loin du pari de Pascal ?). » (…)

« La contradiction touche aussi la logique … Et alors, où est le problème ? Est-ce si décourageant de penser que les maths puissent se contredire ? Que le vrai ET le faux sont relatifs ? Que l’on peut répondre oui ET non à une même question ? Non, ce n’est pas décourageant, c’est exaltant au contraire, c’est la preuve qu’il n’y a pas de vérité absolue … ». ( )

Pourtant, avec Descartes, et surtout avec Spinoza, un tournant survient quand ils identifient la vérité à la preuve mathématique.  Ainsi Spinoza perçut dans les mathématiques la rigueur de la définition, la certitude du résultat.  Ainsi le langage verbal n’est plus considéré comme une voie vers la démonstration de la vérité ouvrant ainsi la voie au symbolisme logique et mathématique.

Aujourd’hui une telle tentative n’est plus possible.

Pourtant, la science continuait d’avancer, en aveugle, en tâtonnant, en « un perpétuel balancement entre l’expérimentation et l’interprétation », comme la faisait remarquer Boll[3]

Devant l’insuffisance de la logique cartésienne dans les problèmes complexes où interviennent le mouvement et la contradiction, si certains mathématiciens s’étaient rejetés sur la « loi des probabilités », qui n’est qu’un tâtonnement organisé sur une grande échelle, d’autres avaient recours à « l’intuition ».

On peut s’interroger sur les causes de la crise de la rationalité et sur les difficultés rencontrées aujourd’hui par le développement d’une science se réclamant de la raison. 

La représentation de la science se veut donc rationnelle, étant scientifique uniquement les concepts dérivés de l’expérience ou logiquement réductibles à l’expérience.

Si au 19ème siècle, il fallait pouvoir vérifier la validité du savoir scientifique, aujourd’hui avec Popper[4], il s’agit de pouvoir falsifier.

Avec la postmodernité :

Se pose ainsi la question de la démarcation du discours scientifique.

Ce qui est retenu, c’est uniquement la question de la preuve délégitimée.  Nous assistons à la crise des disciplines, à l’apparition de l’interdisciplinarité, non pour créer une super science œuvrant à l’émancipation, mais favorisant la nouvelle légitimation, à savoir la performativité, la compétence augmentée de la technicité permettant d’accroître la puissance du capital.

On peut s’interroger sur les causes de la crise de la rationalité et sur les difficultés rencontrées aujourd’hui par le développement d’une science se réclamant de la raison. 

Quelles sont les grandes découvertes du 20eme siècle ? 

La génétique. 

Einstein qui découvre que l’univers est en expansion.  Mais de cette découverte-là, on n’a rien pu en faire actuellement. 

Pour l’électricité, la robotique, etc.  Tout cela a  été découvert et compris au 19eme siècle et le 20eme ne fait qu’appliquer.  Le capitalisme décadent, du point scientifique, n’a-t-il donc plus rien découvert ? 

Sauf pour la biologie mais qui pose la question de la survie de l’homme.  La science, dans son lien avec la technologie, va dans le sens d’une amélioration de la condition de vie.  De conditionné par la nature, l’homme peut s’en abstraire mais avec ce basculement qualitatif, à un moment, qu’il met alors la nature en danger : c’est le processus de destruction. 

Manifestement, depuis plusieurs décennies, le terrain de la recherche pure s’est réduit, au profit d’une techno-science directement intégrée au procès de valorisation.

Dans la recherche postmoderne l’important, c’est de faire du résultat.  L’espace de la recherche s’est rétréci.  Le chercheur n’a plus de public.  Il limite sa communication au monde des « pairs ».  La critique disparaît face à l’atomisation des connaissances.

Comme le souligne JF Lyotard[5], le savoir change de statut.  Le savoir est produit pour être vendu, pour être échangé.  Il devient marchandise informationnelle et enjeu majeur dans la recherche du pouvoir mondial, accentuant la globalisation telle que Parsons l’entendait.

On assiste donc à un redéploiement technologique, à des mutations techniques, à une évolution de l’Etat exigeant de disposer d’une information afin d’accentuer le critère d’efficience, de performativité.

Avec Lyotard, il est peut-être intéressant de faire la distinction entre savoir et connaissance.  La connaissance comprend l’ensemble des énoncés scientifiques, le savoir est ce qui rend capable de bonnes performances et exige une série de compétences, de savoir-faire.  Il met en évidence la nécessité de contenir le savoir.  L’enjeu c’est bien la manière de concevoir l’origine du savoir.

La science, dans son lien avec la technologie, va dans le sens d’une amélioration de la condition de vie.  De conditionné par la nature, l’homme peut s’en abstraire mais avec ce basculement qualitatif, à un moment, qu’il met alors la nature en danger : c’est le processus de destruction.

Précédemment, le développement technologique était en dessous du niveau qui permettait aux hommes de se libérer du besoin, du travail et de la lutte pour les nécessités matérielles de l’existence.  Aujourd’hui, l’essor de l’automatisation informatisée permet de remplacer le travail vivant par le travail autonome, sous contrôle informatique, des machines.

La théorie de la relativité et la mécanique quantique (qui constituait une réfutation décisive de la théorie de Galilée-Newton, en tant que science complète, par leur révolution de la conception d’un univers clos et d’une nature mécanique, représentent une préfiguration, mais une préfiguration seulement, d’un tel développement de la science.

On voit donc l’évolution d’une tendance inéluctable, où la technologie nécessaire au développement des forces productives oriente la recherche scientifique.

On assiste ainsi à une crise du savoir qui se caractérise aussi par la crise des déterminismes, crise des référents scientifiques, par des savoirs locaux non reliés à un système cognitifs.

C’est en physique que le phénomène est le plus spectaculaire.  La théorie de la relativité bouleverse toutes les conceptions antérieures.  Grâce à elle, une vision totalisante des phénomènes est possible.  La théorie des quanta permit en revanche une étude plus particularisée.

N’oublions pas à ce titre que le moteur de la recherche scientifique actuelle n’a actuellement

plus grand-chose à voir avec l’amour de la connaissance, mais surtout avec des financements privés et l’obligation de trouver au plus vite des applications commerciales rentables. La science est ainsi aujourd’hui plus que jamais instrumentalisée pour créer des machines de guerre, des centrales nucléaires, des pesticides, des gadgets de consommation, pousser à l’ingurgitation de médicaments ou justifier les vues politiques de nos dirigeants.


[1] PIRENNE, JH.  (1975).  Le progrès collectif de la conscience individuelle.  Paris.  Payot.

[2] DA COSTA, A.  (2004).  Les grands mythes et l’histoire des Hommes.  Paris.  Editions de Vecchi.

[3] BOLL, M.  (1965).  Eléments de la logique scientifique.  Paris.  Dunod.

[4] Popper, K.  (1988).   Misère de l’historicisme.  Paris.  Agora – Presses Pocket

[5] Lyotard, JF.  (1973).  Dérive à partir de Marx et Freud, Paris, Union Générale d’Edition.

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